Citation patrimoniale – Église Notre-Dame-de-Lourdes
L’Église de Notre-Dame-de-Lourdes n’est pas qu’un simple immeuble : elle est un repère d’histoire et de culture à Girardville. Elle rappelle la présence profonde de la religion et de l’engagement communautaire dans la région depuis plus de 90 ans. Sa conservation dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec nous invite à réfléchir à l’importance de sauvegarder la mémoire de ces lieux qui racontent nos histoires — celles des familles, des croyances et des événements qui ont forgé nos communautés.
Nichée au cœur de Girardville, en Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’Église de Notre-Dame-de-Lourdes est un témoin de l’histoire religieuse et architecturale de notre région. Construite en 1932, cette église fait partie du patrimoine immobilier québécois. L’édifice figure dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Il s’agit d’un bâtiment qui, au-delà de son architecture, porte l’histoire vivante de plusieurs générations de familles girardvilloises.
Une fondation au cœur du développement du territoire
Au tournant des années 1930, Girardville connaît une période d’expansion soutenue. La colonisation du territoire, amorcée dès le début du XXᵉ siècle, s’accompagne d’une croissance démographique qui transforme progressivement un secteur forestier en véritable communauté rurale organisée. Fondée en 1913, la mission catholique de Notre-Dame-de-Lourdes constitue alors le principal pôle spirituel et rassembleur des familles pionnières.
Dans ce contexte, l’érection d’une église paroissiale s’impose naturellement comme une étape structurante du développement local. En 1932, les efforts concertés des paroissiens convergent vers le projet de construction du bâtiment religieux. Au Québec, particulièrement dans les milieux ruraux de cette époque, la paroisse constitue bien davantage qu’un simple cadre religieux. Elle organise la vie sociale, scolaire et communautaire. L’église devient ainsi un centre névralgique : lieu de rassemblement, d’entraide et d’identité collective.
Un lieu de foi, mais aussi de division sociale
À Girardville, toutefois, le choix de l’emplacement de l’église suscite un profond désaccord. Une partie des paroissiens conteste la décision des autorités ecclésiastiques, lesquelles imposent le site actuel qui est identifié comme le plus haut point géographique du territoire. Cette divergence entraîne la construction d’un lieu de culte alternatif, souvent désigné comme une « église protestante indépendante », bien que ses membres soient issus du catholicisme.
Cet épisode, connu sous le nom de « Schisme du Grand Rang » ou « schisme de Girardville », marque la mémoire locale. Il révèle les tensions inhérentes à la structuration d’une jeune communauté et témoigne des enjeux identitaires liés à l’implantation des institutions religieuses. Le maire Pierre Doucet et le curé Octave Bergeron jouent alors un rôle central dans cette période mouvementée qui a divisée la population.
Des décennies plus tard, en mars 2000, l’évêque Jean-Guy Couture, au nom du Conseil diocésain de pastorale du diocèse de Chicoutimi, reconnaît les torts des autorités cléricales de l’époque, posant un geste symbolique de réconciliation.
Une présence marquante dans le paysage girardvillois
Située sur la rue Principale, à proximité du presbytère, l’Église de Notre-Dame-de-Lourdes demeure un repère visuel et symbolique fort. Sa silhouette rythme encore aujourd’hui le cœur du village. Plus qu’un bâtiment, elle incarne un héritage : celui des pionniers, des débats fondateurs et de la volonté collective d’édifier un lieu de rassemblement. Elle est également inscrite dans l’Inventaire des lieux de culte du Québec, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale au sein du paysage religieux québécois.
Pourquoi préserver ce patrimoine?
La Loi sur le patrimoine culturel du Québec reconnaît et protège des éléments tels que cette église parce qu’ils possèdent une valeur historique, sociale et symbolique. Même lorsque leur statut est « inventorié » — et non classé ou déclaré, comme c’est le cas pour Notre-Dame-de-Lourdes — ces biens contribuent à notre mémoire collective.
Pour consulter le Règlement.